Ils sont plusieurs centaines de personnes à prendre d’assaut tous les dimanches matin, le quartier « Abattoir », où I s’anime le marché de la friperie. Pour les acheteurs, ces vêtements de seconde main importés d’Europe sont « une bénédiction ».  Mais du côté des vendeurs le business n’est pas aussi rentable que çà. Reportage.

Dimanche 1 décembre 2019, 7 heures ! Quartier communément appelé « Abattoir », situé à l’Est du grand marché de Lomé. Le grondement des moteurs mêlé au brouhaha des magnétophones venant de partout déchire l’atmosphère. Des chemises, des pantalons, des casquettes suspendus par ci et par là ou aussi déposés à même le sol. C’est le marché de la friperie.

Ambroise Talli, 27 ans, environ, un jeune homme habillé en T-shirt et pantalon jeans adossant au poteau de son parasoleil est occupé par deux clientes qui viennent marchander avec lui. Ce jeune homme vend seulement des vêtements pour filles car pour lui, les filles achètent plus que les garçons, « je vends des pantalons bas, des T-shirts pour femmes parce que les filles achètent plus » déclaret-il. Mais Ambroise gagne pas mal d’argent par jour sur son commerce, « Je peux gagner entre 3000 et 5000 F Cfa par jour si le marché est bon », confie-t-il.

A côté de l’étalage de celui-ci, une jeune fille culbute les tas d’habits étalés: « Je cherche un body mais malheureusement je n’en trouve pas ici », se désole-t-elle. Selon ses propos, elle se rend souvent sur ce lieu pour se ravitailler en chemises et en pantalons car là-bas c’est moins cher et elle y trouve de bonnes choses. Même son de cloche chez Mariama, de retour d’un footing à la plage, « comme je suis étudiante, je n’ai pas beaucoup d’argent pour aller dans les boutiques prêt à porter, je viens ici pour trouver des habits qui sont à ma portée», déclare-t-elle avec un large sourire.

Mais pour Moustapha, 24 ans, qui vient de commencer cette activité, la situation est compliquée. « La vie est chère, les gens n’ont pas d’argent peut-être pour acheter ces vêtements qui ne coûtent rien pratiquement et cela montre que le pays va mal», se plaint-il.

Dans le même ordre d’idée, Basile a quitté les bancs prématurément. Ne trouvant rien à faire, il s’est lancé dans ce commerce, « Vous voyez, le marché est trop difficile, il y a beaucoup de gens mais ils achètent peu. Ceux qui se décident demandent des  remises pas possibles », se lamente ce jeune d’une vingtaine d’année.

Abdou un autre vendeur à coté est du même avis. «C’est juste qu’on ne peut pas rester sans rien faire mais tout le monde sait que le marché est difficile » peste-t-il avec un air sérieux. Selon lui, il dépense beaucoup d’argent mais peine à écouler sa marchandise « pour débloquer une balle de fripe il me faut à peu près 90 000f à 100 000F mais après j’ai du mal à les revendre. C’est les grands patrons, je veux parler de ceux qui nous vendent les balles qui se font beaucoup d’argent », se désole-t-il. Sur le plan rendement Abdou est stricte là-dessus « des fois en vendant toute la journée je rentre avec seulement 2000 F».

Malgré leurs maigres bénéfices, les vendeurs de friperie que nous avons rencontrés ne sont pas prêts à abandonner cette activité. Ils espèrent toujours que demain sera meilleur.

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