Lorsqu’une maladie à l’instar d’une endémie ou d’une pandémie sévit dans un pays ou dans le monde  comme c’est le cas actuellement avec le covid-19, les espoirs sont beaucoup plus tournés vers l’action des médecins, les pharmaciens et des infirmiers…, oubliant le rôle suffisamment important que les archives exercent, à ce titre, dans les hôpitaux, dans les administrations publiques ou privées.

Nous vivons un épisode exceptionnel, celui d’une pandémie comme il y a belle lurette le cas de la peste. La nécessité de s’informer pour résister à la maladie et le besoin de protéger la population aussi nombreuse au regard de l’immensité du village planétaire, a mis en branle tout l’univers de l’information et communication y compris les services administratifs, où les archives servent à monter des dossiers importants pour la meilleure organisation des acteurs qui luttent en permanence pour l’éradication de la maladie. Partant, les archives sont dès lors exclues de leur version grossière, c’est-à-dire « des anciens ou des vieux papiers », elles constituent plutôt  un ensemble des documents, quel que soit leur date, leur lieu de production et de conservation , leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l’exercice de leur activité. Les archives sont, en un sens, des documents qui gèrent des actions. Elles deviennent ainsi la matière indispensable que chaque Administration a recours pour pourvoir aux besoins de la population, à tous les domaines de la vie de l’homme en société. C’est ainsi que ces papiers participent à tout point de vue soit, pour assister l’humanité dans la quête des résultats en lien avec ses préoccupations quotidiennes soit, pour témoigner le poids des efforts ayant été  investis pour y arriver.

En effet, grâce aux anciens dossiers d’archives qui ont documenté l’histoire des pandémies, les chercheurs, y compris ceux du Togo, parviennent à lire le comportement du virus par rapport à des variations climatiques, par exemple, ou à des insouciances hygiéniques. Le résultat d’un tel diagnostic ne peut  rester totalement en marge des indications précieuses dans la mise en œuvre des moyens scientifiques pour venir à bout de cette pandémie. Par ailleurs, l’ensemble des papiers produits dans les hôpitaux qui relatent le cas pathologique dans lequel se trouve chaque malade, sont des éléments de preuves qui entrent dans le dossier du covid-19, cela est coutumier à tous les établissements hospitaliers du Togo. Ce sont des papiers intéressants dont l’usage a servi à assurer la bonne coordination des activités des soignants au sein de chaque hospice. Lesdits documents rassemblés en dossiers sur le plan administratif et hospitalier renferment l’exclusivité de la somme des expériences à la fois professionnelles et administratives inféodées tôt ou tard au verdict du temps ou mises à profit pour la prospérité.    

Ce faisant, le coronavirus non seulement a suscité dans la société des scènes de panique générale et une peur morbide de par sa virulence, en revanche, elle a réveillé, chez les humains, les sentiments les plus profonds de solidarité d’empathie communautaire, surtout en faveur du personnel très éprouvé des hôpitaux. De nombreuses motions d’encouragement, placées sur les documents administratifs, sur les réseaux sociaux, provenant de toutes les horizons, à l’endroit des médecins, des infirmiers et des bénévoles ainsi qu’une estimation spéciale, dans certains pays, de leur cachet, cela a constitué un cas d’espèce parmi d’autres, celui-ci ayant fourni à Paolo Giordano l’opportunité de dire : « L’épidémie nous encourage à nous considérer comme les membres d’une collectivité. Elle nous oblige à accomplir un effort d’imagination auquel nous ne sommes pas accoutumés : voir que nous sommes inextricablement reliés les uns aux autres et tenir compte de la présence d’autrui dans nos choix individuels. Dans la contagion, nous sommes un organisme unique. Dans la contagion, nous redevenons une communauté. » Edgar Morin de renchérir en disant : « le Coronavirus nous rappelle à notre humanité et à notre condition d’être profondément sociaux, inséparables les uns des autres». Ce dangereux virus qui n’épargne ses méfaits à aucun pays du globe terrestre, tient à instaurer, à ce titre, une discipline qui sort de l’ordinaire : le port « obligatoire » d’un masque, comme qui dirait, la face voilée ou cachée cesse d’être l’exclusivité des femmes musulmanes, il y a le bon droit des mesures barrières, à défaut d’en faire un signe ou un argument ségrégationniste. Egalement, le refus de donner une poignée de main ou de se serrer spontanément dans les bras en public, des gestes de sympathie qui figurent désormais parmi les convenances à expulser aux calendes grecques, les regroupements des individus restent interdits sinon réduits à un minimum de gens…tout ceci vient s’ajouter à l’endettement environnemental comme un danger redouté pour la survie de l’humanité.

Il n’y a aucun domaine dans la vie de l’homme en société où les archives n’ont point raison d’être. Les souvenirs du coronavirus resteront un moment dans la conscience des citoyens mais, demeurent en permanence, pour la postérité, dans les dossiers qui contiennent les documents d’archives produits ou reçus par une personne physique ou morale, par un organisme public ou privé dans la ligne des activités destinées à extirper cette pandémie de la surface terrestre.

                                           Komi Aimé YELELABA, Records manager- Archiviste

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