Selon une étude portant sur  la qualité des tomates concentrées en boîte vendues et consommées au Togo, réalisée par  l’Institut togolais de recherche agronomie (ITRA), plus de 62% de ces tomates importées ont des teneurs en plomb qui dépassent la norme. Il y a quelques années, une enquête internationale révélait que les tomates concentrées importées vers l’Afrique contenaient 45% de concentré de tomates, et 55% d’additifs.

L’étude de l’Itra a été commandée par l’Association Togolaise des Consommateurs (ATC) et  l’Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local (OADEL).Pour réaliser son étude, l’ITRA a prélevé 16 échantillons de différentes marques ont été soumis au test de laboratoire sur les paramètres de qualité comme le pH, la teneur en matière sèche, brix, acidité titrable, et des contaminants notamment le plomb. Et les résultats sont effrayants. « En matière de plomb, les résultats obtenus dépassent largement la valeur normale à laquelle le plomb ne doit pas dépasser dans une boîte de conserve », a expliqué Léon Koffi Agboka, membre de l’ATC. « On a été surpris de voir que, plus de 62% de ces tomates importées ont des teneurs en plomb qui dépassent la norme », a explicité Tata Ametoenyenou, directeur exécutif de OADEL.

Selon l’organisation mondiale de la santé (OMS), le plomb est une substance toxique qui s’accumule dans l’organisme et a une incidence sur de multiples systèmes organiques. Il est particulièrement nocif pour les jeunes enfants. « Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel l’exposition au plomb n’aurait pas d’effets nocifs », a souligné l’organisation. En effet, le plomb peut avoir des conséquences graves et permanentes sur leur santé, en particulier sur le développement du cerveau et du système nerveux. « Le plomb attaque le cerveau et le système nerveux central, provoquant le coma, des convulsions et même la mort », affirme l’OMS.

D’après Jean-Baptiste Malet, un journaliste, qui a réalisé une enquête sur les tomates importées vers l’Afrique, la Chine domine le commerce mondial du concentré de tomate et 70 % de ses exportations vers le continent. Il a avait notamment alerté sur la qualité douteuse de ces tomates d’origine chinoise. Dans les qualités les plus basses, le triple concentré chinois peut ressembler à de « l’encre noire » tant il est oxydé. On le complète alors avec des poudres d’amidons, de la fibre de soja, du dextrose et des colorants pour lui redonner un aspect comestible. Ces méthodes ont été constatées par l’auteur dans une usine de Tianjin en Chine, qui exporte ses boîtes de concentré prêt à consommer en Afrique. Mais aussi dans une usine toute récente du Ghana, qui devient la tête de pont de l’industrie chinoise de la tomate en Afrique de l’Ouest. Alors que les conserves destinées au marché africain affichent généralement « double concentré de tomate », Jean-Baptiste Malet réalise qu’elles n’en contiennent en moyenne que 45%, pour 55% d’additifs et colorants.

Sur les marques indexées par le journaliste, plusieurs sont présentes sur le marché togolais. Voilà pourquoi, l’OADEL et l’ATC demandent au directeur du commerce intérieur togolais, d’exiger à tous les importateurs de concentrées de tomate en boîtes un certificat de salubrité délivré par l’ITRA, de retirer du marché toutes les concentrées de tomate en boîtes dont le taux de teneur en plomb est supérieur à la norme autorisée. Et du ministre du commerce, de l’industrie et de la promotion de la consommation locale, de rendre systématique le contrôle de qualité sur toutes les denrées alimentaires importées au Togo. Elles appellent par ailleurs, les populations e privilégier le consommer local en choisissant les purées de tomates fabriquées au Togo.

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