Togo : Cet aliment du quotidien devient un produit de luxe

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Two baguettes isolated on white background with clipping path.

Depuis plusieurs jours, les revendeurs de pain se font non seulement rares dans les rues de Lomé, la capitale du Togo mais aussi dans certaines villes de l’intérieur du pays. Et pour cause, face à la hausse du prix de la farine de blé, utilisé pour fabriquer du pain, certains boulangers ont revu à la baisse leur production. D’autres fabricants ont purement et simplement mis les clés sous la porte.

C’est le cas notamment à Tsévié, une ville située à trentaine de Kilomètres au nord de Lomé. Dans cette ville où plusieurs femmes s’adonnent au commerce du pain, la situation devient de plus en plus difficile. « Vouloir manger du pain à Tsévié relève d’un luxe. Ce n’est pas que le pain est chair, mais pas une seule baguette dans les boulangeries et dans les points de vente. Un tour dans la ville a permis de constater que les étalages des vendeurs de pain sont, soit inexistants, soit vides. Les boulangers n’ont point chauffé leurs fours pour y cuire du pain ou des friandises », a relève le correspondant local de l’Agence togolaise de presse (Atop).

Les étages vident des vendeurs de pain à Tsévié (photo Atop)

Selon les informations, cette situation est due au prix élevé de la farine de blé. Le sac de 50 Kg vendu à 20 000 FCFA est passé à 30 000 CFCA en l’espace de quelques semaines. « Nous ne savons pas comment nous en sortir avec plus de 30 000F le prix du sac de 50 kilogrammes », a confié un boulanger de la ville.

Conséquence de la guerre Russo-Ukrainienne

La Russie est le premier fournisseur de blé du Togo. En 2020,  la Russie a exporté 70 000 tonnes de blé vers le Togo, ce qui en fait le premier fournisseur de blé pays, devant le Canada, la France et l’Afrique du Sud. Depuis le début du conflit, selon les estimations, environ 8 millions de tonnes de blé sont bloqués dans les ports pour cause de sanction.

Au plus haut depuis la guerre en Ukraine, le cours du blé a battu un record lundi à la clôture sur le marché européen, après l’annonce par l’Inde d’un embargo sur ses exportations de la céréale. Le cours du blé a atteint 438,25 euros (environ 280 000 FCFA) la tonne à la clôture, un nouveau plus haut pour la céréale qui s’échange déjà à prix d’or sur un marché mondial tendu.

Pour ne rien n’arranger, deuxième producteur de blé au monde, l’Inde a annoncé samedi interdire les exportations de cette denrée, sauf autorisation spéciale du gouvernement, face à la baisse de sa production due notamment à des vagues extrêmes de chaleur.

New Delhi, qui s’était auparavant engagé à fournir du blé aux pays fragiles autrefois dépendants des exportations d’Ukraine, veut assurer la « sécurité alimentaire » des 1,4 milliard d’habitants de l’Inde. Une décision qui va « aggraver la crise » d’approvisionnement en céréales au niveau mondial, s’est alarmé samedi le G7.

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