La Journée internationale de la sage-femme a été commémorée le 05 mai dernier. A cette occasion, Dr Matshidiso Moeti, Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique a dressé un message aux décideurs. « Les sages-femmes ont un rôle crucial à jouer pour que les femmes enceintes soient en bonne santé, pour qu’elles donnent naissance à des bébés bien portants et pour que les nouveau-nés se développent bien », a souligné Dr  Matshidiso Moeti.

Cependant, beaucoup de femmes enceintes ne bénéficient pas des soins dispensés par les sages-femmes. Selon une récente étude de modélisation, citée par la responsable Afrique de l’Oms, une couverture de 95 % de ces soins dispensés par des sages-femmes permettrait d’éviter 67 % des décès maternels, 65 % des mortinaissances, 64 % des décès néonatals et sauverait 4,3 millions de vies par an d’ici à 2035. « L’Afrique subsaharienne devrait abriter la majorité des vies sauvées, car cette partie du continent africain enregistre chaque année 200 000 décès maternels, ainsi qu’un million de décès de bébés au cours des quatre premières semaines de la vie. Cette situation tragique exige que des mesures soient prises pour élargir la couverture des services obstétricaux », a déclaré Directrice OMS-Afrique.

D’après Mme Héloïse Adandogou d’Almeida, présidente de l’Association des sages-femmes du Togo (ASSAFETO), il y a « une pénurie criard » de sages-femmes dans les formations sanitaires, aujourd’hui. « Les sages-femmes sont formées et ne sont pas  recrutées et déployées. Des concours sont organisés pour absorber ces sages-femmes diplômées d’Etat mais l’effectif  à chaque concours ne couvre pas les besoins. Les équipes qui assurent les services de gardes ne sont pas en nombre suffisant au CHU Sylvanus Olympio », a affirmé la présidente de l’ASSAFETO sur une radio locale.

Le taux de mortalité maternel au Togo à ce jour est encore de 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes alors que les ODD voudraient que ce taux soit réduit à 70 pour 100 000 naissances vivantes.

Mme Héloïse Adandogou d’Almeida, présidente de l’Association des sages-femmes du Togo

Cette situation n’est pas sans des conséquences sur la santé maternelle et infantile. « Le taux de mortalité maternel au Togo à ce jour est encore de 401 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes alors que les ODD voudraient que ce taux soit réduit à 70 pour 100 000 naissances vivantes. Le ratio sage-femme femmes en âge de reproduction est d’une sage-femme pour 3000 alors qu’au Togo ce ratio est d’une sage-femme pour 14000 ; avec ce gap à combler, on ne peut prétendre réduire la mortalité maternelle puisque le système de santé repose sur les ressources humaines et les ressources humaines de qualité », a indiqué Mme Héloïse Adandogou.

Et cet effet,  la Directrice régionale de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique « exhorte les gouvernements, les institutions universitaires, les organisations de la société civile et les partenaires à investir dans la pratique de sage-femme ».

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici